AFSCA ou les conséquences d’un sous-financement

Régulièrement au travers des éditos, je tire la sonnette d’alarme pour attirer l’attention sur les conséquences du sous-financemen t des services publics. C’est ainsi que l’Agence Fédérale pour la Sécurité Alimentaire (AFSCA) a vu son budget total se réduire de 11% entre 2011 et 2016. Depuis 2014, rien que la dotation gouvernementale de cet organisme a reculé de 18%. A cela, il faut ajouter la mesure suivante, valable d’ailleurs pour tous les services publics fédéraux : l’obligation de réaliser une économie linéaire de 2% sur les frais de personnel, ainsi que sur les frais de fonctionnement et d’investissement. Conclusion : il y a eu une diminution des contrôles de 8,5% pour la période entre 2014 et 2016.

Il devient en effet difficile à l’AFSCA d’assurer l’entièreté des missions qui lui sont confiées, alors que son budget est en constante diminution. Certaines missions sont externalisées, avec un risque aggravé de perte d’impartialité lors des contrôles. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : il n’y a pas de lien direct prouvé entre le scandale «Veviba» et les économies décidées par le gouvernement. Toutefois, ces diminutions des enveloppes de fonctionnement n’aident pas à garantir l’indépendance de l’agence, nécessaire à son bon fonctionnement. A méditer.

Toujours dans cette approche d’économies à réaliser dans les dépenses publiques, il faut mettre en exergue le dossier pensions et, tout particulièrement, celui des réformes envisagées qui s’enlisent dans des discussions de bas-étage au sein même du gouvernement fédéral. Pour forcer le débat, les 3 organisations syndicales ont lancé, au niveau interprofessionnel, une maxi-opération de communication contre cette réforme. C’est ainsi qu’une gazette des pensions de 12 pages et tirée à un million d’exemplaires est distribuée depuis le lundi 19 mars 2018.

Certains partenaires du gouvernement fédéral ont pris pour prétexte les réformes en cours pour tenter d’enterrer le dossier pénibilité au sein de la Fonction publique. Nous ne les laisserons pas faire.

Le but est d’informer tout le monde, y compris les politiciens, de ce que le gouvernement est en train de faire.

Pour le gouvernement fédéral, ce fut une totale surprise : un front commun syndical resserré pour défendre nos pensions !
Les trois organisations sont unanimes sur les conclusions à tirer de ces réformes : on veut détricoter les régimes de pensions pour développer un régime alternatif qui fera la part belle aux assurances privées. Ce qui n’est évidemment pas acceptable.

Certains partenaires du gouvernement fédéral ont pris pour prétexte les réformes en cours pour tenter d’enterrer le dossier pénibilité au sein de la Fonction publique. Nous ne les laisserons pas faire.
Fidèle à ses convictions, le SLFP souhaite une véritable et constructive concertation sur ce dossier et surtout qu’il soit agendé au Comité A.

Nous vous tiendrons au courant des suites intervenues dans ce dossier.

François Fernandez-Corrales
Président général