Pour dialoguer, il faut être deux…

Il n’aura pas fallu longtemps pour que les organisations syndicales décident de se rappeler au bon souvenir du gouvernement fédéral et, plus particulièrement, du Ministre des Pensions. Le 25 janvier, les trois organisations syndicales se sont réunies devant la maison communale de Chaudfontaine pour dénoncer les attaques contre nos pensions. Rappelons que le ministre en question est bourgmestre «empêché» de cette ville. Ce qui explique ce choix.

En effet, vu la manière dont le gouvernement a réglé l’allongement des carrières et la fin de la bonification des diplômes pour le calcul de la carrière, nous avons de quoi être inquiets quant à la manière dont la négociation des mesures relatives aux métiers lourds et aux tantièmes préférentiels va se dérouler.

L’inquiétude persiste dans l’ensemble de la Fonction publique.

Nous le dénonçons régulièrement, ce sont les femmes qui sont les premières victimes de ces réformes. Avec de pareilles mesures, elle ne pourront plus jamais avoir de carrière complète et donc prétendre à une égalité en matière de pension.
En ce qui concerne les mesures transitoires, elles ne font pas l’objet de beaucoup d’attention de la part du gouvernement. Ce qui compte, c’est de réformer et on verra bien ensuite ce qui se passera.
Beau modèle de concertation sociale que celui-là. Et de vision à court terme, sans mesurer les impacts à long terme de mesures prises unilatéralement et dans la précipitation du moment.

Mais, pour les pensions des parlementaires, les nouvelles mesures en matière de longueur de carrière n’entreront en vigueur que lors de la prochaine législature. Vous avez dit égalité de traitement entre tous les citoyens ?

Autre exemple de la manière dont les membres du personnel des services publics sont assimilés à des profiteurs. En matière de jours de maladie, le Ministre fédéral de la Fonction publique souhaite réformer le système. Il y aurait trop d’abus.
Mais pas chez eux ! En effet, en matière de faveurs pour eux-mêmes, nos élus font fort. Même malades, ils touchent 100% de leur salaire ! En matière de prévention de l’alcoolisme, les parlementaires ne sont pas à une contradiction près : les boissons alcoolisées sont gratuites au bar ! Comment prendre au sérieux les campagnes de prévention, si nos élus ne montrent pas l’exemple ?  Faites ce que je dis, pas ce que je fais !

Devant de telles injustices et contradictions, on s’étonnera encore que le fossé entre les politiques et la population s’élargit.

Le SLFP prône le dialogue social mais, pour dialoguer, il faut être deux.

Par conséquent, à défaut de véritable concertation, nous ferons encore entendre notre voix pour défendre l’ensemble des travailleurs des services publics.

A défaut de véritable concertation, nous ferons encore entendre notre voix pour défendre l’ensemble des travailleurs des services publics.