Vers le réveil de nos gouvernants ?

La fin de l’hiver coïncide avec l’éveil de la nature. Différents dossiers qui devaient aboutir à la fin de l’année passée sont restés en «jachère», faute de consensus au sein du gouvernement. Pourtant, l’attente créée est énorme.
Le dossier pensions et, plus particulièrement, la pénibilité n’ont toujours pas été abordés officiellement. Comme je vous l’ai déjà communiqué, les partenaires du gouvernement ne sont pas encore d’accord et ce sur plusieurs points. Particulièrement sur les coefficients à appliquer, les périodes assimilées pour la reconnaissance et l’importance des 4 critères retenus.

Le SLFP est particulièrement critique sur les mesures transitoires et la reconnaissance pour les contractuels qui occupent une fonction pénible. Pourtant, le temps commence à presser.

Le gouvernement précédent avait mis en place une mécanique visant à faire diminuer le coefficient lié aux tantièmes préférentiels. Donc, si rien n’est fait, le coefficient d’augmentation aura une valeur maximum de 1,05 en 2020. Ceci serait préjudiciable à tous les agents occupants une fonction et/ou un métier pénibles. Nous voulons négocier dans de bonnes conditions la pénibilité et éviter d’arriver avec un dossier, aussi symbolique pour nous, en toute dernière minute.

Différents dossiers sont restés en «jachère», faute de consensus au sein du gouvernement.

Un autre dossier qui est resté, si je puis dire, au bord de la route est l’harmonisation des interruptions de carrières. Harmonisation signifiant aux yeux de nos dirigeants, alignement pur et dur sur la législation du privé. Ce dossier est mis à l’ordre du jour tous les 6 mois et ne peut-être concerté parce qu’il y a une divergence de vue d’ordre juridique entre le fédéral et les entités fédérées. Ils ne sont pas d’accord sur leurs compétences respectives en matière d’interruption de carrière des agents des services publics.

Les organisations syndicales ont demandé que le Conseil d’Etat donne un avis au sujet de la compétence des différents gouvernements, de manière à avoir, une fois pour toutes, une jurisprudence en la matière. Nous espérons y voir clair bientôt.
D’autre part, en matière de réforme de la Fonction publique fédérale, nous n’avons pas beaucoup de nouvelles. Le codex circule, mais son accueil n’est pas des plus enthousiastes auprès des différentes administrations.  La priorité serait pour le ministre de la Fonction publique de mettre en place l’intérim, histoire de pallier les carences en personnel. N’oublions pas que la Belgique est le pays du surréalisme.

Enfin, le dossier relatif à l’accord intersectoriel 2017-2018 peine à se réaliser. Pour la petite histoire, voici maintenant plus de dix ans que nous n’avons plus conclu d’accord et malheureusement ce n’est pas encore gagné. Le montant de la prime syndicale poserait problème. Actuellement, elle s’élève à 90,00 € par an. L’ironie de cette histoire est que si des intérimaires étaient engagés dans la Fonction publique, ils bénéficieraient d’une prime syndicale de 115,00 € et à charge du Trésor public !

Ici aussi, nous sommes en attente de réunions officielles pour, soit sceller un accord, soit constater qu’il ne se fera pas.
Mais soyons optimistes, ou cyniques, le réveil de la nature coïncidera peut-être avec le réveil de nos dirigeants et ainsi pourrons-nous réellement commencer une véritable concertation comme stipulé, par ailleurs, dans l’Accord de Gouvernement.        

François Fernandez-Corrales
Président général