

Si vous n’avez pas entendu parler de cette grève, alors vous n’ouvrez jamais votre TV, ou votre journal ! L’importante couverture médiatique a très certainement aidé ce mouvement social à aboutir à la revendication première des grévistes : le départ de la préfète.
Une édifiante liste de manquements, de zones de non démocratie, de désorganisations, de communications déplorables, … sont à l’origine de ce clash social. C’est le refus de la part de la préfète que s’organise une réunion multi syndicats, en fin de journée après les cours, en les locaux de l’Athénée Baudouin Ier de Jemeppe-sur-Sambre qui a mis le feu aux poudres : un refus de trop !
En fait ceci n’aurait jamais dû avoir lieu si la hiérarchie de la CF prévenue par nos délégués déjà en février 2011 avait pris au sérieux le corps enseignant, et diligenté alors une enquête pour recadrer une direction autocratique.
Il a fallu quand même 7 jours d’arrêt de travail (et au milieu : le congé d’automne) avant qu’une décision ne vienne dans ce sens, du cabinet de la Ministre Simonet.
Front commun efficace
La genèse de ce mouvement social est un travail exemplaire en front commun de notre délégué SLFP Jean-Pol Milicamps (photo ci-contre) avec son collègue CGSP, un délégué CSC fut élu un peu plus tard : le front commun fut ainsi complet pour une réunion stérile le vendredi 28 octobre au cabinet avec Mr. Germeys ; Mme Simonet lui déléguant.
Cette action permit la mise en évidence de l’importance du travail de proximité récemment mis en place par le SLFP enseignement par la désignation de délégués régionaux, ici Thierry Golard (délégué régional Namur-Luxembourg).
Grace à ça, une assistance quotidienne avec le délégué d’école, une collaboration avec les confrères permanents, des explications auprès des parents ont permis un relais productif entre la base et la direction du SLFP.
Communication hasardeuse
Reparlons de communication, en fait parlons de celle du cabinet de Mme Simonet, elle fut à de nombreuses reprises ‘’étonnante’’. Cela laissera un goût amer dans la mémoire des enseignants, mais aussi des parents.
Communication hasardeuse ou rumeur ? Milieu de semaine : pour les parents, on dit la préfète partie, alors qu’elle n’était qu’absente pour deux jours : maladie. Ils renvoient leurs enfants à l’AR. Il est alors arrivé un incident inqualifiable : des violences ont eu lieu envers des élèves par certains non-grévistes débordés par les évènements. Il fallu qu’il arrive cela pour que la Ministre suspende les cours pendant cette absence. Le bateau était déjà à la dérive, on aurait voulu qu’il coule : on ne s’y serait pas pris autrement. Puis le jour où la Préfète, nous dit on, a élégamment fait un pas de côté ;la CF lui retrouve une place dans l’administration : cette information est donnée aux grévistes par … un journaliste qui en a pris connaissance par l’agence Belga : un communiqué de presse venant du cabinet Simonet y figurant.
Nous ne nous étendrons pas ici sur la formulation très discutable de ce communiqué dont le message principal retenu est que la situation s’est débloquée grâce à la préfète dont la proposition a de suite été acceptée par la Ministre Simonet. On peut se demander pourquoi celle des enseignants a eu si peu d’échos à ses oreilles ?
Précisons : les enseignants n’ont jamais reçu cette information par qui que ce soit d’autre alors que deux préfets de zone à ce moment enquêtaient dans l’école, mais aussi que les cabinettards avaient tous les numéros de GSM des permanents et délégués syndicaux présents. La question reste en suspens : est-ce du mépris pour le corps enseignant, où un ‘’simple’’ oubli ?
Reconnaissance envers les enseignants grévistes
Une chose est sûre, du côté de plus des 200 parents réunis le soir du mardi 8/11 dans la salle du Palace de Jemeppe c’était plutôt de l’estime et de la reconnaissance qu’ils ont manifestés aux enseignants grévistes qui les avaient réunis là pour les rassurer sur l’avenir de leurs enfants et la cohésion de l’équipe pédagogique autour de la nouvelle préfète récemment désignée à l’Athénée. Pour enfin faire entendre à leur hiérarchie qu’un établissement du réseau était en danger, ces enseignants (nommés, mais aussi temporaires) ont montrés un courage, un sens des responsabilités, une cohésion qu’il est utile de souligner. Leur préoccupation première était de fournir un enseignement de qualité à leurs élèves dans un climat plus serein. Leur revendication a finalement été entendue.
Pour les remercier de leur démarche, il est quand même à noter que la CF leur accordera en final une sanction économique en fin de mois : ces jours de grèves leurs seront retirés de leur salaire ! C’est la rançon pour avoir réussi à se faire entendre : étonnante conclusion !
"Il est grand temps que l’administration plutôt que d’encommissionner les problèmes, se dote d’outils performants de formation, d’encadrement, d’assistance, de suivis et d’évaluation du travail des directions autre que le système actuel qui pose problème en de nombreux endroits : l’exemple de Jemeppe-sur-Sambre n’est malheureusement pas une exception".
Thierry Golard
Délégué Régional Namur-Luxembourg