LA GRÈVE DU 30 JANVIER : INÉVITABLE

01/23/2012 - 10:59

La concertation concernant l’accord déséquilibré du gouvernement ne se met que très lentement en place et se révèle peu concluante. À la suite de la politique européenne d’austérité et de la croissance économique décevante, le front commun syndical craint qu’en Belgique, de nouvelles mesures d’austérité visant les travailleurs et les allocataires sociaux ne viennent s’ajouter à celles déjà décidées par le gouvernement.

Un jour de grève générale le 30 janvier prochain s’avère nécessaire pour convaincre le gouvernement et les employeurs de tenir pleinement compte de la réalité sociale des travailleurs et des allocataires sociaux.

Par ailleurs, conscient de la responsabilité qui lui incombe, le front commun syndical souhaite poursuivre la concertation entamée à sa demande.

Trop d’austérité
Les organisations syndicales n'ont jamais contesté la nécessité d'un assainissement des finances publiques. En revanche, elles critiquent la façon dont cette opération est organisée. Les mesures décidées sont déséquilibrées, injustes et inéquitables, d'autant qu'elles n'offrent pas de perspectives crédibles pour la création d'emplois de meilleure qualité. Même les agences de notation, si promptes à demander de la rigueur dans les comptes, commencent à craindre l'effondrement de la croissance et de l'emploi parce que les gouvernements vont trop loin.
Cet assainissement est injuste, parce que les grandes fortunes et les gros investisseurs échappent à l'effort, parce qu'au fil des négociations gouvernementales, on a demandé de moins en moins à ceux qui refusent de faire un effort et échappent de toutes les manières possibles à la fiscalité et aux cotisations sociales, transférant ainsi le poids de l'opération vers les travailleurs et les allocataires sociaux.

Victimes parmi les victimes
Quatre catégories de citoyens sont particulièrement touchées.

  • les jeunes chômeurs dont l’allocation d’attente ne sera octroyée qu’après seulement 12 mois de chômage et ne sera plus payée au bout de trois ans aux cohabitants et chômeurs de plus de 30 ans.
  • les chômeurs de longue durée pour lesquels les allocations évoluent vers le strict minimum insuffisant pour vivre, et sans distinction selon les efforts faits ou l'aptitude au travail.
  • les travailleurs âgés à qui on impose un pacte des générations bis extrêmement lourd à digérer quasi sans mesures d'atténuation et, ce, même pour les métiers pénibles.
  • les femmes qui ont toute la peine du monde à se constituer une carrière complète pour se constituer des droits aux allocations sociales.

En outre, il n'y a même pas un début d’amorce crédible pour la création d’emplois de meilleure qualité ni des perspectives pour l'accompagnement, la formation et l'emploi de chacune de ces catégories.

La critique la plus forte concerne les ruptures de contrat :

  • pour les travailleurs qui sont déjà entrés dans un régime (crédit temps, interruption de carrière, prépension) et qui verront diminuer leurs droits en matière de pension à partir du 1er janvier 2012 ;

  • pour les travailleurs âgés qui souhaitent rester au travail, mais voient remis en cause leurs droits conventionnels à une réduction de leur temps de travail ;

  • pour les travailleurs dont les droits déjà constitués en matière de pension sont rabotés.

Nous attendions beaucoup de la concertation avec le gouvernement.
Nous sommes déçus. La grève devenait inévitable.