Pacte pour un Enseignement d’Excellence

31/01/2017 - 13:57

Par manque de précisions dans le projet d’avis n°3, le SLFP-Enseignement rejette le Pacte à plus de 64 %

(31/01/17) - Notre organisation syndicale rejette donc le projet de réforme de l’enseignement mais pas de manière catégorique et souhaite continuer à prendre part aux débats qui seront d’une importance capitale dans l’avenir de notre enseignement et dans la carrière de l’enseignant. Il ressort que l’enseignant devra accomplir encore plus de tâches (travail collaboratif, dossier élèves, etc.) sans aides supplémentaires.

Pourquoi NON sauf si ?

  • Trop de flou et d’incertitudes sur la globalité du projet : les principaux acteurs ne perçoivent pas la réalité de terrain qu’ils devront appliquer dans les années à venir.
  • Opacité totale sur le budget alloué au projet. Le gouvernement annonce 217 millions de déficit et pourra difficilement rencontrer les mesures coûtantes du cahier de revendications actuel. La question se résume à « comment faire mieux avec moins… ? ». Nos affiliés estiment que le gouvernement noie le poisson. Le SLFP refuse de mettre des choses en place sans moyens (comme la fonction de référents déjà d’application)
  • Le SLFP estime que des pertes d’emploi dues à une suppression d’options notamment dans le qualifiant, du développement de l’école inclusive sont inqualifiables.
  • Manque cruel d’informations sur la réforme de la formation initiale.
  • Les inquiétudes sont énormes en ce qui concerne la mise en place du tronc commun jusqu’à la 3e secondaire incluse. Que fera le jeune indécis au sortir de cette 3e ? Que fera le jeune qui veut se tourner directement vers un métier à 13 ans et qui risque d’être dégoûté par l’obligation de tronc commun ? En d’autres termes, un tronc commun tel que celui-ci est-il réaliste ? Il est perçu comme un formatage de l’élève alors qu’il doit idéalement veiller à l’hétérogénéité des élèves (chaque élève est unique et doit être suivi à son propre rythme). Il faut aussi préparer l’enfant à l’échec en même temps qu’on le pousse à la réussite, c’est pourquoi une épreuve certificative à 15 ans nous semble insuffisante.
  • La lutte contre le décrochage scolaire ne pourra pas être menée convenablement par les CPMS s’ils ne disposent pas de plus de moyens, notamment en termes d’encadrement.
  • Les interrogations restent multiples quant à l’application du décret « taille des classes ». Des projets tels que le RCD, l’école inclusive, le non redoublement, le tronc commun polytechnique sont irréalisables avec des classes surpeuplées comme actuellement.
  • Certaines fonctions se sentent oubliées tels que les auxiliaires d’éducation.
  • Certains équilibres ne sont pas respectés. En règle générale, nos affiliés estiment que le Pacte octroie trop de pouvoir aux directions et qu’il faudra donc être attentif aux dérives potentielles.  L’école n’est pas une entreprise comme les autres…
  • L’approche participative annoncée par la Ministre n’a pas été ressentie sur le terrain.

Le SLFP demande au gouvernement une information urgente sur :

  • Les priorités et leur coût
  • Le phasage complet et détaillé ainsi que son coût
  • L’apprentissage du latin dans le tronc commun. Les 2H semblent un leurre. Ces 2h n’assureront pas les connaissances de base de la langue et provoqueront une perte d’emploi (2H au lieu de 4).
  • La redéfinition des rythmes scolaires nécessaires aux élèves

Le SLFP voit d’un œil positif :

  • La prise de conscience pour faire évoluer positivement notre système scolaire.
  • Les efforts consentis pour aider l’enseignement maternel notamment par un renforcement de l’encadrement et des référentiels précis et adaptés. Le SLFP estime que c’est l’une des mesures les plus urgentes à laquelle il faut s’atteler ainsi que l’obligation de la fréquentation scolaire en 3e maternelle (et même plus tôt si le fédéral l’acceptait).
  • Une réforme systémique dans la continuité (si et seulement si elle n’est pas balayée par un prochain gouvernement).
  • Une réorganisation de l’administration pour offrir un service plus efficace aux membres du personnel.

Le SLFP sera particulièrement attentif à :

  • la charge de l’enseignant et à son évaluation
  • l’amélioration des infrastructures scolaires existantes
  • au bien-être de l’élève et de l’enseignant
  • l’évolution du qualifiant sous forme de CPU
  • au leadership distribué des directions
  • aux projets en vue de favoriser la mixité sociale car jusqu’à présent les décrets mis en place vont dans le sens contraire malgré les thèses défendues par le gouvernement