Les pompiers bruxellois tirent la sonnette d'alarme concernant la pénurie persistante et structurelle de personnel et les priorités politiques insuffisantes en matière de sécurité publique.
Lors de la concertation du 27 janvier avec la secrétaire d’État Ans Persoons concernant la pénurie grave de personnel — estimée à 200 pompiers — il a une nouvelle fois été confirmé que les recrutements indispensables ne sont actuellement pas autorisés en raison de contraintes budgétaires. La Région de Bruxelles-Capitale est en effet soumise à d’importantes mesures d’économie, ce qui empêche tout renforcement structurel des services de secours.
La secrétaire d’État a indiqué vouloir, dans un premier temps, solliciter un budget de 3,25 millions d’euros auprès du ministre des Finances. Ce montant serait exclusivement destiné à permettre et à rémunérer des heures supplémentaires, correspondant à l’équivalent de 48 équivalents temps plein. Cette mesure n’apporterait toutefois qu’un soulagement temporaire, principalement en facilitant la prise des congés annuels.
Dans une phase ultérieure, un plan serait élaboré en vue du recrutement d’ambulanciers dans un cadre distinct et moins favorable. Cette piste représente une dégradation manifeste de la qualité au sein du plus grand corps de pompiers de Belgique, qui joue pourtant un rôle essentiel au cœur de l’Europe. Cette proposition ne contribue en rien à un renforcement structurel des effectifs. Au contraire, elle menace d’affaiblir l’expertise opérationnelle et la cohésion interne du corps.
Par ailleurs, il est également attendu de l’organisation qu’elle envisage une nouvelle organisation du travail fondée sur des services de 12 heures. Il s’agit d’une réforme majeure, aux conséquences importantes sur la charge de travail, le bien-être du personnel et la continuité du service public.
Ces propositions ne sont ni contraignantes, ni assorties de garanties, et ne constituent en aucun cas une solution durable à la pénurie structurelle de personnel.
Des moyens pour les projets de prestige, pas pour la sécurité
Le 28 janvier, plusieurs médias ont révélé que le gouvernement bruxellois a récemment accordé 8 millions d’euros de subsides à un projet de prestige situé le long du canal, suivis d’une tranche supplémentaire de 4,4 millions d’euros, et qu’un montant additionnel de 50 millions d’euros est encore prévu.
Les pompiers de Bruxelles constatent avec une profonde stupéfaction et une vive indignation que des moyens importants sont disponibles pour des projets de prestige, mais pas pour le renforcement pourtant indispensable des services de secours. Alors que la population attend une réponse d’urgence rapide et de qualité, le message adressé aux pompiers est clair : il n’y aurait pas de budget pour leurs missions essentielles.
Le gouvernement bruxellois semble ainsi déplacer ses priorités vers des projets visibles et prestigieux, au détriment de la sécurité de la population bruxelloise et de celle des pompiers, qui prennent chaque jour des risques au service de l’intérêt général. Les responsables politiques concernés — bourgmestres, secrétaire d’État et ministres — semblent perdre de vue que la sécurité publique constitue une mission fondamentale de l’autorité publique.
Rupture de confiance – les pompiers passent à l’action
Une rupture de confiance claire s’est installée avec le cabinet de la secrétaire d’État Ans Persoons. Celle-ci était informée depuis longtemps de l’existence de moyens supplémentaires destinés au projet de prestige, tout en affirmant de manière constante qu’aucun budget n’était disponible pour les pompiers. Pour les pompiers de Bruxelles, la limite est atteinte.
C’est pourquoi une manifestation aura lieu le 12 février 2026 devant le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale. Le même jour se tiendra également un Conseil européen, avec une réunion informelle des ministres compétents en matière d’emploi et d’affaires sociales — une coïncidence particulièrement révélatrice au regard de la pénurie aiguë de personnel dans les services de secours.
Des revendications concrètes pour un avenir sûr
Les pompiers de Bruxelles demandent un investissement de 15 millions d’euros afin de :
- recruter les 200 pompiers manquants,
- renforcer les effectifs des opérateurs de la centrale d’urgence 112, eux aussi confrontés à une pénurie importante.
Ces investissements sont indispensables pour garantir la sécurité de la population et ramener la charge de travail du personnel actuel à un niveau acceptable et responsable.
Les pompiers de Bruxelles continueront à s’engager pour une société où la sécurité demeure une priorité absolue, et attendent des autorités compétentes le même sens des responsabilités.
Info du front commun syndical des pompiers de Bruxelles SLFP-CGSP-CSC
E.R. pour le SLFP : Peter Vandenberk, président du Secteur Zones de secours SLFP-AFRC