La CGSLB, en collaboration avec la CSC et la FGTB, lance une pétition citoyenne à l'intention de la Chambre des représentants pour une fiscalité plus juste.
Objectif : que chacun contribue réellement à hauteur de ses moyens, en rééquilibrant l’effort entre travail et capital.
Si la pétition recueille 25.000 signatures, le Parlement est légalement tenu d'écouter les syndicats.
Le front commun syndical (FCS = CGSLB, CSC et FGTB) entend montrer à l'opinion publique et aux décideurs politiques qu'il existe de véritables alternatives aux économies brutales dans la protection sociale et les services publics, et qu'une fiscalité juste permettrait de dégager les mêmes montants.
La Belgique est confrontée à un recul social d'une ampleur inédite depuis 80 ans. Les syndicats refusent cette régression. Le FCS propose des pistes globales, un ensemble de mesures budgétaires qui créent les marges nécessaires pour refinancer les dépenses sociales, garantir des services publics de qualité et supprimer les mesures antisociales.
Les décisions budgétaires prises pour 2026 prévoient une nouvelle vague de coupes importantes dans les dépenses sociales et publiques, une baisse des recettes fiscales et parafiscales, ainsi qu'un transfert de la charge fiscale vers les travailleurs. Malgré ces économies, le déficit budgétaire atteindra un niveau record à la fin de la législature. Si l'Arizona poursuit dans cette voie, nous nous retrouverons en fin de parcours avec davantage d'inégalités et un déficit budgétaire plus élevé.
Dès son arrivée au pouvoir, ce gouvernement s'est bercé d'illusions en présentant une trajectoire budgétaire qui, au-delà des économies directes dans la sécurité sociale, repose sur des effets de retour pour un montant de 8 milliards (un tier de l'effort). A peine 6% (1,4 milliard) de cet effort serait supporté par les épaules les plus larges.
Cette approche irréaliste, également dénoncée par la Cour des comptes, a débouché sur de nouveaux ajustements brutaux lors de la confection du budget 2026, comme décidé en novembre 2025. Une fois encore, le gouvernement a choisi de faire supporter l'essentiel de l'addition, directement et indirectement, par les travailleurs, en instaurant un double saut d'index partiel pour les salaires et les allocations, en augmentant la TVA et les accises et en limitant la norme de croissance dans les soins de santé. Les travailleurs malades sont eux aussi ciblés comme variable d'ajustement, là encore sur la base de chiffres totalement irréaliste.
Des droits sont systématiquement des détricotés, sans que des chiffres budgétaires objectifs ne viennent étayer ses choix, ce qui revient à appliquer la stratégie du « Starve the Beast ».
Nous constatons dans le cadre du budget 2026 que :
- Les économies servent avant tout à financer le manque organisé de recettes. Le déficit budgétaire atteint son niveau le plus élevé depuis des décennies, malgré d'importantes coupes dans les dépenses sociales et les services publics. Il est crucial d'adopter des mesures qui s'attaquent avant tout à la baisse des recettes fiscales et parafiscales, afin de mettre fin au sous-financement structurel de la sécurité sociale et des services publics.
- La baisse des recettes publiques résulte d'une politique fiscale et parafiscale irresponsable. D'une part, les taux d'imposition sont réduits sans compensation financière. D'autre part, l’assiette imposable est érodée par l'évolution des contrats de travail classiques vers des statuts flexibles et atypiques, des formes de rémunération alternatives et des sociétés de management.
- La politique fiscale actuelle est inéquitable : les revenus du travail sont imposés de manière disproportionnée, tandis que les revenus du capital sont moins lourdement taxés. Cette situation a un impact négatif sur la solidarité et le modèle de financement de la sécurité sociale.
Propositions alternatives.
Le front commun syndical propose une série d'alternatives fondée sur les principes suivant :
- Instaurer un système fiscal dans lequel chaque euro gagné est traité de la même manière afin de faire glisser la charge fiscale du travail vers la capitale.
- Colmater les brèches dans les recettes publiques, notamment en taxant plus équitablement les exceptions parafiscales et les statuts alternatifs.
- Limiter, contrôler et évaluer les subventions accordées aux entreprises et les dépenses fiscales dont l'utilité économique n'est pas démontrée.
- Une liberté accrue pour la formation des salaires.
Il s'agit de quatorze propositions visant à « réorienter la politique budgétaire vers plus d'équité et de durabilité ». Ces propositions pourraient rapporter 21,2 milliards d'euros.
Signez la pétition ici : https://dekamer.mijnopinie.belgium.be/initiatives/i-1307
Source de texte : dossier presse CSC-FGTB-CGSLB "Vers un budget sain et plus juste"- Evènement 23.04.2026